La relation entre la tête et le buste.

L’équilibre de la tête au-dessus de la colonne vertébrale.


Il est facile de « perdre la tête » ou un bon équilibre de la tête au-dessus de la colonne vertébrale. Avec le temps, ce changement de l’équilibre de la tête au-dessus de la colonne peut s’installer et provoquer des tensions (douleurs, maux de tête).

Les causes de ce changements sont multiples : l’attraction vers le bas, le stress, les problèmes de vue, l’inquiétude, la peur de « mal faire », le jugement, ou encore l’envie de « bien faire », « d’y arriver »… sont autant de stimuli qui peuvent nous faire changer l’orientation de notre tête.

Ce que l’on appelle en Technique Alexander « garder le cou libre«  ou « laisser le cou libre«  est de redonner de la liberté et de l’espace entre les premières vertèbres cervicales (atlas et axis). Permettre les mouvements du « oui » et du « non » aisément.

Dessins : deux premières vertèbres cervicales Atlas et Axis.

La tête restera en équilibre au-dessus de la colonne vertébrale. L’attention redonnée à la tête et au cou apportera une disponibilité latente de bouger la tête facilement.


La relation avec l’instrument


Heureusement, tous les musiciens n’ont pas systématiquement des problèmes. Nombre d’entre eux ont une réalisation instrumentale aisée des textes musicaux qu’ils souhaitent jouer. Leur mémoire est fluide, leur geste est juste et précis, leur sonorité ample. Ils paraissent jouer avec peu d’effort. Les concerts sont réguliers, et très bien vécus.

Cependant, le parcours idéal sans problème n’est pas le privilège de tous musiciens. Malheureusement certains d’entre eux rencontrent des problèmes de tensions, de douleurs au dos et/ou dans les bras, peuvent développer des tendinites… Ces musiciens constatent également un manque de vélocité ou de puissance sonore, de la fatigue et/ou un manque d’endurance pour assurer le métier (longues séries d’orchestre par exemple), et par moment de la démotivation. Plus ennuyeux encore, l’envie d’arrêter la pratique instrumentale ou le métier.

Les gestes non-conscients que certains musiciens développent sont souvent répétitifs, et s’ils sont mal coordonnés et inconscients, peuvent devenir erronés (crispation, pression excessif, direction vrillée) et empêcher une relation corps-esprit-musique simple et une réalisation instrumentale aisée.

La technique Alexander ne vous apprendra pas à jouer d’un instrument. Elle est un moyen pour aider la pratique instrumentale en globalisant la relation corps-esprit-musique.

Le premier point est la pratique instrumentale qui nécessite une réelle compréhension analytique de l’oeuvre dans sa totalité, en prenant le temps de revenir au compositeur, à l’époque et au contexte dans lesquels celle-ci a été composée. La pratique nécessite aussi de cultiver son rythme et sa pulsation intérieurs, de se faire une idée des oeuvres en écoutant différents interprètes, de définir un phrasé, une linguistique, des respirations, une articulations… Et de maitriser les conditions acoustiques de l’instrument pratiqué.

Le deuxième point serait d’intégrer la pratique Alexander. La technique Alexander précisera un geste, une manière de faire, permettra de retrouver des articulations souples et légères. La vélocité et la sonorité s’amélioreront. Le trac éventuellement ressenti (et parfois pénalisant) diminuera avec une respiration changée (ouverture de la cage thoracique : de la place pour les poumons : l’air qui circule !). La technique Alexander améliore aussi la « présence d’esprit » (mémoire).

Ces deux points agiront de concert pour une réalisation musicale fluide, aisée et équilibrée.

Il est conseillé, pour les musiciens rencontrant des problèmes, d’effectuer un travail de fond sur le corps. La technique Alexander est un moyen pour ajuster précisément son équilibre postural en situation de jeu (situation de mouvement), s’amuser avec les jeux de forces opposées « , étudier la relation entre le dos et les bras, trouver plus d’ancrage au sol…

L’envie de pratiquer naîtra à nouveau, avec plaisir et joie intérieure.

Le maintien du dos chez le violoniste.

Il arrive que des violonistes recherchent leur confort de placement d’instrument en amenant le menton et l’épaule (qui soutient le violon) toujours plus en avant. La distance entre le maxillaire et la clavicule s’agrandira ce qui entraînera l’utilisation de supports plus hauts sous l’instrument : « barres », coussins, ne seront jamais assez confortables. L’axe de la colonne vertébrale sera décalé au niveau des premières vertèbres cervicales.

De plus, une inquiétude persistante et exagérée se créera avec trop d’attention au niveau du maintien de l’instrument. Cette inquiétude donnée au côté gauche entraine le plus souvent une perte de la globalité corps-esprit-musique et diminue les possibilités d’une bonne réalisation musicale bien vécue.

Sortir de ses « habitudes » et retrouver une bonne coordination globale.

Pour se sortir de ses habitudes, le musicien violoniste peut reconsidérer son jeu instrumental en remettant l’instrument dans une globalité. Le corps et l’esprit étant indissociables, l’un et l’autre faisant un tout. Attacher un peu moins d’importance à un sur-contrôle de sa technique instrumentale pour reconsidérer l’instrument dans une globalité.

Devenir plus important que son instrument, c’est-à-dire étudier l’usage que l’on fait de soi.

Travailler son « contrôle premier » consiste à reconnecter la tête avec le cou, puis la tête et le cou avec tout le dos tout entier, et faire en sorte que cette connexion devienne un support fiable pour accueillir l’instrument. Comme l’explique très justement Madame Dominique Hoppenot dans son livre « le violon intérieur » (pages 56 et 57) : « la clavicule et le maxillaire gauches formeront alors un étau naturel et souple où le violon peut se placer sans peine. » Ce sera alors un dos tonique et sans tension qui accueillera le violon sans autre effort que l’équilibre corporel global. Le musicien et son violon formeront un tout ; l’instrument sera le prolongement du dos, des bras, de la pensée musicale.

Avec le temps et la recherche, la relation tête-cou-dos sera plus saine, la distance entre le maxillaire et la clavicule se réduira et ainsi, le violoniste diminuera sa hauteur de barre ou, s’il le souhaite, remplacera la barre par un support moins volumineux et moins lourd : un simple anti-dérapant pouvant suffire. Il retrouvera une globalité, le violon devenant le prolongement de lui-même, l’instrument lui paraitra plus léger, la vibration de l’instrument se ressentira sur toute sa structure osseuse créant ainsi des bienfaits thérapeutiques.

Numériser

A gauche, schéma d’une coordination non fiable avec affaissement du dos.

A droite, schéma d’une coordination « d’avantage mécanique » pour une relation plus fiable de la tête, du cou et du dos.

Laisser le cou libre, et laisser les épaules tranquilles.